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Décédés

Les décédés de l'association des Troupes de Marine de l'Hérault (ATDM 34)

Musique "Ballade" avec l'aimable autorisation de Monsieur Daniel TASCA auteur-compositeur

RAPPEL DE CARRIERE ET HOMMAGE AU LIEUTENANT-COLONEL ROGER GOUTTE-SOLARD,

Prononcé lors de la cérémonie d’obsèques au centre funéraire de GRAMMONT / MONTPELLIER le 5 août 2014

goutte solard roge

Notre camarade, décédé dans son sommeil dans la nuit du 26 au 27 juillet dans sa 84ème année.
Il était né à VOLVIC dans le Puy de Dôme où les GOUTTE-SOLARD sont nombreux.
Appelé au service militaire en 1951, le jeune GOUTTE-SOLARD rejoint l’école des officiers de réserve de CHERCHELL d’où il sort aspirant en octobre de la même année.
Il est affecté au MAROC, au 6ème Régiment de Tirailleurs Sénégalais, stationné à SAFI, alors important port de pêche sardinier, à 200km au sud-ouest de CASABLANCA et 150 km au nord-ouest de MARRAKECH.
Les années 50 au Maroc qui précèdent l’accès à l’indépendance de ce pays en 1956, sont agitées. Le sultan Mohamed ben Youssef est envoyé en exil en 1953, remplacé par Mohamed ben Arafa, plus favorable à la présence française avant le retour de Mohamed ben Youssef, futur MOHAMED V, quelques mois avant la proclamation de l’indépendance.
Dans ce contexte, le 6ème RTS rejoint CAMP BOULHAUT, aujourd’hui BOUZIZA, en pays chaouia, à l’intérieur des terres à une heure de route de Casablanca et Rabat. C’est là que le notre camarade fera la connaissance de celle qui deviendra son épouse.
Jusqu’en avril 1955, le lieutenant de réserve en situation d’activité GOUTTE-SOLARD, avec son unité, participe à de nombreuses opérations de maintien de l’ordre.
Puis c’est le retour en métropole, en famille, à Strasbourg, où Roger prépare le concours d’entrée à l’Ecole spéciale militaire interarmes où il est admis, rejoignant Coëtquidan en 1956. Avec ses camarades de la promotion Franchet d’Esperey, il quitte l’Ecole en 1957 avec le grade de sous-lieutenant.
En 1958, après son stage d’application à ST MAIXENT, le sous-lieutenant GOUTTE-SOLARD est affecté en Algérie, au 23ème Bataillon d’Infanterie de Marine, à BOURKIKA, village de colonisation dans le secteur de Blida, dans une zone autrefois marécageuse assainie par les colons, et grande productrice de vin, au pied du petit djebel GUERROUAT. Il y séjournera deux ans comme chef de section et commandant de compagnie, cité comme « jeune officier, payant sans cesse d’exemple, animé d’une foi inébranlable en sa mission de pacification. Animateur de la nouvelle cité de la nouvelle cité de BOUKIKA, édifiée avec ténacité, malgré les difficultés. A gagné l’estime de la population par son dévouement. A participé à toutes les opérations de son unité... »
La carrière de notre camarade des Troupes de Marine l’emmène maintenant vers d’autres cieux, en Côte Française des Somalis, aujourd’hui République de Djibouti, en 1960/1962, où il contribue efficacement à la création d’une piste le long de la frontière du Somaliland pour interdire l’accès des terroristes.
Puis c’est le Régiment de Marche du Tchad à Pontoise, où, capitaine, il commande une compagnie avant de repartir outre-mer pour un séjour de 2ans en et demi 1966/68 comme conseiller technique auprès du commandant malgache de l’Ecole du service civique dans la jolie ville d’ANTSIRABE.
Il passera ensuite 6 ans au 43ème Régiment blindé d’Infanterie de Marine à OFFENBURG, au pays de Bade, en Allemagne, comme adjoint puis chef de bureau instruction. Promu commandant en 1972 et désigné pour servir au Gabon, il est victime d’un grave accident qui lui laisse de lourdes séquelles et reste affecté au 43ème jusqu’à son départ pour la Côte d’Ivoire en 1975 comme chef du Bureau d’aide militaire à Abidjan.
De retour en métropole en 1976, il prend le commandement de la 22ème compagnie divisionnaire à Amiens. Promu lieutenant-colonel en 1978, GOUTTE-SOLARD commande le Centre de documentation de l’Armée e Terre de la 54 Division militaire territoriale de Montpellier de 1980 à 82, année où il quitte le service actif et prend sa retraite.
Ses qualités humaines transparaissent à travers sa carrière : rigueur, ténacité, compétence, amour du travail bien fait, ouverture sur les hommes et les civilisations autochtones, modestie, faculté d’adaptation.
J’appartiens à ceux qui l’ont connu dans sa période « retraite », comme beaucoup d’entre nous ici.
Nous avions participé ensemble et avec d’autres dans le début des années 1990 à la création de l’Amicale des Anciens des Troupes de Marine de l’Hérault. Les interventions de Roger étaient toujours pertinentes. Grand organisateur de sorties touristiques très conviviales, il a longtemps été actif dans ce domaine chez nous comme dans d’autres associations.
Il avait aussi la passion du bridge qu’il partageait avec son épouse.
Sa parcelle/jardin était son lieu de ressourcement avant que l’âge ne l’oblige à la vendre. Nous y avons parfois déjeuné entre hommes pour notre plus grand plaisir, y chantant, en fin de repas, des chants « colo » ignorés des oreilles chastes.
Sous son aspect un peu rugueux, peut-être liée à sa surdité, notre ancien était un homme de coeur.
Le lieutenant-colonel Roger GOUTTE-SOLARD était St Cyrien, chevalier de la Légion d’Honneur, titulaire de la Croix de la Valeur Militaire avec une citation, de la croix du combattant.
Il a fait honneur aux armes de la France et aux troupes de Marine
Nous en garderons fidèlement la mémoire ; nous sommes heureux et fiers de l’avoir connu.
A Dieu, Roger
Michel Bain, lcl TDM (H)

Cérémonie des obsèques de Claude GUERRERO le 15 mai 2014

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L'ATDM34 était présente avec son drapeau pour rendre un dernier hommage à Claude GUERRERO

 
Claude GUERRERO était un de nos premiers EVAT au 3° RIMa et il a été cité au Tchad.
Michel a coordonné avec le curé l’hommage que nous voulions rendre à Claude après accord de la famille. Le drapeau de notre pays a recouvert le cercueil, Roger a porté le drapeau et Louis les décorations. Après la messe, sur le parvis de l’église nous avons rendu les honneurs et chanté l’hymne. Il y avait également Jean VILLENAVE, 1° président de l’ATDM34 et le GAL (2s) BONNINGUES. Claude VERIN a pris des photos devant l’église.

Eloge de Joseph TRAN (décédé le 13/04/14), prononcé lors de la cérémonie religieuse de ses obsèques par le lieutenant-colonel (H) Michel BAIN le mercredi 16 avril 2014 en l'église ND de la Paix de MONTPELLIER.

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Je remercie les enfants de Joseph TRAN qui ont bien voulu que je rende hommage à leur papa en ce début de cérémonie.

Nous nous sommes connus lui et moi, en 1990. J'habitais encore à Montpellier, non loin de l'école d'application de l'infanterie. Un après-midi, mon dernier fils est arrivé à la maison avec Joseph, qu'il tenait absolument à présenter à mon épouse :
« Maman, je t'amène un compatriote ! ». Ce qui était faux puisque mon épouse est chinoise, née à Madagascar et Joseph en ce qui était encore l'Indochine française.
Et ce fut le début d'une longue amitié, Joseph allant jusqu'à me considérer comme son frère.

Joseph TRAN, comme beaucoup des plus anciens d'entre vous a eu deux vies.
L'une au Vietnam, de 1940 à 1975, l'autre en France de 1975 à son décès le 13 de ce mois d'avril.

Il est né le 30 avril 1940 à Van Lui dans l'évêché de BUI CHU, au Tonkin. L'Indochine est alors sous protectorat français.

La défaite de la France en mai 1940 face à l'Allemagne confortera le sentiment des élites vietnamiennes que le temps de la présence française arrivait à son terme et que le retour à l'indépendance d'un grand Vietnam était venu. Mais rien ne se concrétisera avant que les japonais ne quittent la région 5 années plus tard, passant le pouvoir à un gouvernement indépendantiste, après avoir humilié les colonisateurs.

La France, malgré tout, assise à la table des vainqueurs, reprendra pied en Indochine, ne voulant discuter d'indépendance qu'en position de force. 8 années de guerre s'ensuivront, guerre de décolonisation, guerre civile, et clairement, à partir de 1950, guerre contre le communisme et pour un état indépendant et libre.

Dans cette tourmente, l'évêché de Bui Chu, comme les autres, tentera de défendre au mieux les intérêts de sa population. Mais le sort des armes est favorable aux forces communistes ; la France, lasse de cette guerre lointaine signe les accords de Genève le 20 juillet 1954 et la fin des hostilités au Tonkin entre en vigueur le 27 juillet.
Tous ceux qui ne veulent pas se soumettre au régime communiste qui se met en place au nord-Vietnam fuient vers le sud. Le jeune Joseph est dans la masse de ceux-là, abandonnant tout pour rejoindre Haiphong et le sud-Vietnam.

Il obtient alors son CAP de mécanicien et travaille pour la société Michelin à Binh Long, non loin de la frontière du Cambodge.

Mais la guerre reprend avec le nord-Vietnam. Le jeune TRAN est appelé sous les drapeaux en 1960. Il rengage et combattra 12 ans dans l'infanterie. Blessé par mine en 1971, il est démobilisé en mars 1972.
Malgré l'hyper-puissance de son allié américain, le gouvernement sud-vietnamien, rongé par les dissensions et la corruption, n'est pas en mesure de s'opposer à la prise de Saigon par les troupes communistes le 30 avril 1975.

Le même jour, Joseph réussit à s'enfuir et se retrouve dans un camp de réfugiés à Hong-Kong.
Il demande l'asile politique à la France qui l'accueille le 24 novembre 1975.

TRAN a 35 ans. Il ne parle pas le français. Soutenu par la communauté vietnamienne et des associations caritatives, il trouve du travail en région parisienne et épouse en 1983 mademoiselle N'GUYEN Thi Ngoc Anh, réfugiée comme lui. De leur union naîtront trois enfants, Christelle, André, Alain.

Dans les dernières années 1980, le couple s'installe à Montpellier à la cité du pas du Loup. Joseph travaille comme bobineur malgré une vue déficiente due à un éclat métallique resté dans un de ses yeux, Anne dans une entreprise artisanale de produits asiatiques. Le 1er décembre 1991, tous deux consacrent leur union dans la religion catholique.
Joseph, très sociable et toujours serviable, reçoit souvent ses amis. Il participe à diverses activités dont celles de l'Amicale des Anciens des Troupes de Marine, heureuse de le compter parmi ses membres, où les anciens « d'Indochine » sont encore nombreux.
Son épouse et lui s'investissent dans l'éducation de leurs enfants, leur transmettant les valeurs traditionnelles : sens de la famille, goût du travail, respects des anciens, langue vietnamienne.
La réussite professionnelle de leurs enfants témoigne de la pertinence de leur éducation.

Les dernières années de Joseph seront obscurcies par la longue maladie de son épouse décédée d'un cancer en mars 2012, un isolement relatif et le mal du pays.

Elles ont cependant été marquées par des joies : le mariage de sa fille aînée Christelle, devenue quasiment sétoise jusqu'en son accent en épousant Gérard PRATO, la naissance de sa première petite fille, Célia, des voyages au Vietnam qui lui ont permis de renouer avec sa famille du côté d'Ho Chi Minh Ville et de Dalat, son dernier voyage un mois avant sa mort en compagnie de ses enfants, étant comme un passage de témoin.

J'ai eu la chance de côtoyer Joseph, presque toujours souriant, avide d'affection et de reconnaissance, industrieux, débrouillard, adroit de ses mains et sachant toujours ce qu'il voulait. Très sensible, il cachait parfois son désarroi derrière « un souci, s'en fout » et un sourire proche des larmes.

Notre Amicale est fière de l'avoir compté parmi ses membres.

Je le remercie personnellement de m'avoir considéré comme un membre de sa famille même si je n'ai pas toujours répondu à ses attentes autant qu'il l'aurait souhaité. Mais je suis sûr qu'il me le pardonne.

A Dieu, Joseph

Lieutenant-Colonel Christian MILHE de SAINT VICTOR 1919 – 2014

Par Christian MERCIER ami et Frère d'Arme méhariste, tous deux princes du désert... de la Mauritanie à Djibouti !

Sollicité pour tracer quelques lignes sur la vie de notre « Doyen » je ne peux que rappeler deux sortes de souvenirs ; l'un ayant trait à sa riche histoire de Soldat, l'autre à sa seconde carrière entamée après avoir « posé » l'uniforme.
Le Jeune de Saint VICTOR prépare Saint Cyr quand, en 1939, la France est envahie. Il s'exile à Aix en Provence. Lorsque l'ennemi franchit la ligne de démarcation, il doit faire mouvement en Afrique du Nord, à Cherchell certainement. De Saint VICTOR ne reverra ses parents qu'en décembre 1944. Dans ses cantines il transporte ses fidèles et précieux dictionnaires d'étudiant, de Latin et de Grec, qui ne le quitteront jamais.
Officier de la « Coloniale » il servira au Niger et en Tunisie ; son second séjour le conduit en Mauritanie pour y vivre une expérience qui marque une vie. Dans cette colonie qui n'est qu'un grand désert il est affecté près de la capitale...Atar et prend les fonctions de chef de poste à Chinguetti. Si ce village ne compte que quelques centaines d'âmes il joue beaucoup pour ce qui est de l'histoire de l'Islam lors de l'expansion des fidèles de Mahomet, avec les confréries de moines guerriers – Almoravides puis Almohades – qui vont atteindre le point le plus au sud de l'Afrique : Chinguetti ! Ils s'installeront ensuite en Andalousie de 1061 à 1269 !...
Avec une poignée de méharistes et de goumiers le jeune officier va vivre quelque chose de particulier propre à cette époque. Chef de poste il faut administrer la population nomade, la soigner, rendre la justice, faire régner l'ordre autour des puits, contrôler les caravanes, organiser les marchés, établir les identités.....
Chinguetti, petite palmeraie avec ses salines et ses peintures rupestres a été un grand centre commercial et une importante université du monde musulman. Dans la mosquée avec son haut minaret bâtie en pierres sèches sont entreposés de nombreux et très anciens corans ainsi que des précis de sciences et de mathématiques. Saint VICTOR poursuit son apprentissage de l'arabe et de l'Hassanya la langue des Maures. Il en profite aussi pour écrire de très beaux poèmes agrémentés de dessins (palmeraie, caravanes, ciel étoilé, visages....) de grande valeur. Ce séjour le marquera profondément et il régalera avec ses récits... sa famille et ses amis.
Puis ce sera la poursuite de sa carrière coloniale : Indochine, Martinique, Algérie. Partout il manifeste ses qualités d'officier et de soldat.
Au moment de retrouver la vie civile Monsieur de Saint VICTOR ne peut rester inactif. Il décide de se consacrer aux jeunes de son pays. Très instruit et très cultivé il enseigne à Montpellier dans un lycée privé en contrat avec l'Etat. Toujours calme, souriant, avenant, sans jamais hausser le ton il fait passer son message. Ses élèves se souviennent d'un excellent professeur d'histoire et de géographie. Ses amis se rappellent des conférences de premier ordre que ce grand lettré donnait sur l'histoire ancienne grecque ou latine.
Il réserve aussi beaucoup de son temps à la paroisse de la cathédrale de Montpellier où il œuvre dans de nombreuses activités.
Proche et bienveillant avec son admirable épouse, ses enfants, leurs conjoints, ses petits et arrières petits enfants...il aime se retirer sur la fin, dès qu'il le peut, dans l'arrière pays héraultais, sa campagne...
Il laisse le souvenir d'un grand soldat, un fin lettré, un chef de famille attentionné, un honnête homme dévoué aux autres, un chrétien, un catholique fervent.

Hommage à Pierre RAYNOIRD THAL
16 septembre 2013 à Grammont

Cne Raynoird-Thal

 

Nous sommes réunis aujourd'hui pour rendre un dernier hommage à notre Ami Pierre et soutenir son épouse Gisèle, ses enfants : Philippe ; Dominique ; Marie-Pierre ; Sylvie, ainsi que ses petits et arrières Petits enfants dans cette difficile et douloureuse épreuve.
Aujourd'hui Capitaine des Troupes de Marine tu t'es longtemps retourné sur le sillage de ton adolescence, partagée à l'époque avec tes jeunes amis, dans un pays en guerre. Tu n'as que 15 ans lorsque débute, en 1944, la grande aventure. Tu deviens agent de liaison dans la résistance... tu découvres alors les risques, les blessures et la terreur des exécutions.
En 1947 tu t'engages au titre du « Génie Colonial », au grand désarroi de tes parents qui espéraient te voir reprendre l'affaire familiale.
En 1950 tu rejoins Madagascar pour 3 ans et intègres dès ton retour l'Ecole d'administration à Montpellier. Promu Sous-lieutenant en 1954 tu pars un an plus tard à Dakar et rejoins le Cameroun en 1960 pour 3 ans. Tes aptitudes au dessin et à la peinture vont te valoir la création des nouvelles tenues militaires pour ce jeune pays devenu indépendant. Tu quittes le service actif en 1967 mais restes affecté « cadre de réserve » jusqu'en 1984.

Ta deuxième carrière tu l'as consacrée à ta famille auprès de ton épouse /64 ans de mariage aujourd'hui/, à tes camarades d'associations mais aussi à « nos chers amis les bêtes » dont ta maison est pleine...

Pierre tu as su conjuguer engagement, passions et humanisme. Les tiens peuvent être fiers de toi.

Nous assurons toute ta famille de notre profonde et sincère amitié et te disons « A Dieu »

Reposes en paix Pierre

Paul Chassagneux